L’amour

La léproserie

Une grande star visitait un jour une léproserie et regardait avec stupeur une religieuse qui embrassait tendrement un malade particulièrement répugnant.

Elle s’écria : « Moi, pour un million de dollars, je ne ferais pas cela ! »

La religieuse se redressa, lui sourit et lui dit : « Mais, Madame, moi non plus. »

Il aiguisait son couteau sur son coeur de pierre

C’était un homme qui avait un coeur de pierre et que n’émouvait jamais la souffrance d’autrui. Et l’homme aiguisait sur son coeur le couteau par lequel il violentait autrui.

Il affûtait sur son coeur de pierre les flèches meurtrières qu’il lançait pour blesser le monde.

Un jour, la pierre fut si usée que le peu d’épaisseur restante céda. Le premier sang jaillit, le coeur se mit à saigner.

Et pour qui eut-il sa première compassion ? Pour ses frères qu’il avait blessés ? Non pas, mais bien pour lui-même, et  c’est cela qui le sauva.

Car il était le premier et le plus grand des blessés, et le premier des coeurs à soigner était le sien.

FD, 2010

 

Les bras de l’amour, histoire vraie.

Une femme est au restaurant et va aux toilettes. Là, il y a un homme.

Alors, elle lui demande la prendre dans ses bras, juste dans ses bras. L’homme est très surpris mais acquiesce. La femme reste là un long moment, bien serrée entre les bras de l’homme qui l’étreint. Puis elle le remercie et le quitte.

L’homme retourne dans la salle de restaurant et y revoit la femme à l’une des tables. Elle est visiblement avec son mari. Celui ci n’a pas de bras…

 

La haine

Je vous veux du mal, je me réjouis du mal qui va vous arriver. Je me suis mis à haïr l’humanité, la société, le genre humain, la création, vous. J’ai un vague et incessant brutal désir de nuire à n’importe qui, un être vivant quelconque, dont vous.

Je vous défie : quel amour pourrait me sauver ?

Ce qui m’envahit est viscéral, incontrôlable. Je voudrais qu’il vous arrive du mal, là, tout de suite.  Il y a une tempête sous mon crâne. Cette haine me dévaste.

FD, 2008

 

 La poupée de chiffons

Une fillette avait une poupée de chiffons, vieille et délabrée, qu’elle aimait comme aiment les enfants. Un jour, une stupide grande personne lui dit : «Pourquoi aimes-tu tellement cette horreur, quand il y a tant de poupées et d’autres jouets si jolis ?» La petite fille, bouleversée de douleur, se saisit de sa poupée, l’embrasse avec passion, et lui dit : «Voilà ! Maintenant, tu es belle.»

(FD, d’après le commentaire 247 des « dits de Jésus » de Fr. Hermant, moine à en Calcat)

Voler pour nourrir ses enfants

On raconte que Fiorello Laguardia, un ancien maire de New York, était juge des flagrants délits pendant la grande dépression. Lorsqu’une femme ses présenta, accusée d’avoir volé de la nourriture pour nourrir ses enfants, il rendit la sentence suivante : « Je vous condamne à une amende de dix dollars pour vol et je condamne chaque personne de cette cour à une amende de cinquante cents, en commençant par moi-même, pour accepter de vivre dans une ville où une femme est obligée de voler pour nourrir ses enfants« .

L’argent fut collecté, l’amende payée et la somme qui restait donnée à la femme.

 

L’appareil photo (Iran, 1979)

Cela se passe dans une ville de province d’Iran, assez touristique. Il est près de minuit et quelqu’un passe. Sur une voiture, il voit une sacoche en cuir, l’ouvre, voit qu’il y a dedans un appareil photo de très grande valeur et plein d’accessoires.

L’homme prend la sacoche et, tôt le lendemain matin, avant d’aller au travail, la porte au poste de police.

Moi, je me rends compte à mon réveil que, en voulant prendre la photo d’une rue la veille au soir, j’ai laissé ma sacoche quelque part. Je nvais au poste de police et on  me donne l’adresse de la personne qui l’a rapportée tôt le matin.

Je vais voir cet homme, à son travail. Il me dit qu’il est ingénieur dans une petite entreprise de travaux publics. Je sors mon portefeuille pour le remercier. Je suis prêt à donner une assez grosse somme, car l’appareil photo valait vraiment très cher. Mais il refuse. Il me dit : « ce que j’ai fait, c’est normal. Je suis musulman »

 

La protestante et le soutien-gorge

Deux ou trois fois par an, elle va dans ce pays qui ne connaît que deux choses : la dictature et la misère. Dans son soutien-gorge et peut-être même d’autres dessous, elle cache des liasses de billets, plusieurs milliers d’euros.

Elle réserve systématiquement 10 % de ce qu’elle gagne pour les gens de ce pays. Elle récolte aussi des fonds chez ses amis, des gens qui admirent ce qu’elle fait.

Arrivée sur place, elle va voir des gens qu’elle connaît, des personnes auxquelles elle prête de l’argent, sans intérêt. Elle s’intéresse à ce qui sera fait de l’argent : une école, une infirmerie, les études d’un enfant…

Cette femme crée la confiance. Toujours, on la rembourse. Elle me dit que les personnes de ce pays dorment parfois toute la nuit en bas de sa chambre d’hôtel, avant qu’elle reprenne l’avion pour rentrer en France. Avec eux, ils ont le remboursement du prêt, des petites coupures coupures sales et déchirées. « On m’a toujours remboursé », dit-elle.

En France comme à l’étranger, en Chine comme les États-Unis c’est une professionnelle active et compétente, extrêmement reconnue. Elle gagne beaucoup d’argent.

Elle dit très simplement qu’elle est protestante.

 

Le catho et le pain au chocolat (témoignage)

Cela se passe en milieu de matinée, à l’entrée du RER. Un SDF est là, passablement pouilleux, l’air triste et résigné.

Un type s’approche, genre cadre de banque.  Bien habillé, bien chaussé, bien coiffé, très propre. Il est en train de manger un pain au chocolat certainement acheté à la boulangerie qui se trouve juste à côté.

Le type voit le SDF, s’approche, dit quelques mots. Puis il s’accroupit, plus bas et encore plus bas, certainement pour que ses yeux soient à la hauteur des yeux du SDF. Il parle, il rit. Tout en continuant à manger son pain au chocolat il sort son porte-monnaie et en verse la totalité dans la main du SDF qui, lui aussi, se met à rire. Puis, comme honteux de manger à sa faim, il découpe la moitié de son pain au chocolat et le lui donne.

Les gens passent rapidement mais deux personnes qui ont vu la scène parlent entre elles. On entend : « c’est sûrement un catho… »