Graines de sagesse

Qu’est-ce que je serais heureux si…

Je serais heureux si… j’avais cette nouvelle voiture… si je ne souffrais plus… si j’avais cent mille euros… si je pouvais prononcer une conférence sur la cueillette des escargots… si je passais à la     télé… si je pouvais faire l’amour tous les soirs… si j’étais élu aux élections… si j’écrivais enfin le livre dont je rêve…

Le problème, c’est que cette course est sans fin. Platon, déjà, l’avait bien compris : le bonheur est désir, et comme l’essence du désir est de désirer ce qu’on n’a pas, il est impossible d’être heureux.

Première étape : ôter le « si ». On se donne alors la permission d’être heureux même en n’ayant pas ce qu’on désire, même en n’étant pas ce qu’on désire. Mais aussi : même en ayant obtenu ce qu’on désire ! Je suis heureux, maintenant.

Deuxième étape: passer au « Je suis… ». Car le malheur existe, comme la souffrance et la frustration, comme la peur. Il nous arrive d’être perdu, fatigué, triste. Et là, avant de se retrousser les manches (lorsque c’est possible), le chemin pour retrouver la joie, c’est d’abord de s’accepter comme on est.

L’enfant préféré

– Dis-moi, petite maman chérie, lequel de nous est ton enfant préféré ?

– Je vais te le dire. C’est l’enfant qui est parti et que j’attends, c’est l’enfant qui est malade jusqu’à ce qu’il guérisse, c’est l’enfant qui a besoin de moi jusqu’à ce qu’il n’ait plus besoin de moi. Voilà qui est mon enfant chéri.

Qui sont vos amis ?

Qu’est-ce qui fait que vous et certaines personnes êtes amis ? Eh bien, comme dit la femme qui m’aime, un ami est quelqu’un qui vous connaît bien et vous aime quand même. Vos amis vous connaissent, vous et vos défauts, vous et certaines qualités que vous avez du mal à louer vous-même. Un ami peut sonner chez vous à deux heures du matin s’il a un gros problème. Il peut même vous appeler si le problème n’est pas grave en soi,mais grave pour lui : un énorme coup de cafard, une sale nouvelle, une déprime existentielle, une tentation vraiment diabolique. Vous seriez surpris et peut-être mécontents d’être tirés du lit à deux heures du matin, mais vous ne lui raccrocherez pas au nez ou ne lui fermerez pas votre porte. Vous lui offrirez même un chocolat chaud et un lit s’il était besoin. 

La maturité selon maman

Ce texte m’a été donné par ma mère à la fin de sa vie.

La maturité se reconnaît chez une personne à son attitude envers soi et envers son entourage, ce qui fait qu’elle ne pense plus et n’agit plus de façon infantile.

  1. La personne qui a de la maturité sait accepter une critique et sait en profiter afin de se perfectionner
  2. Elle ne s’apitoie pas sur elle-même et commence à reconnaître que, dans la vie de chacun, il y a des compensations
  3. Elle ne s’attend pas à ce qu’on lui porte une attention spéciale
  4. Elle se contrôle et ne s’emporte pas
  5. En cas d’urgence, elle sait réagir tout en restant calme
  6. Elle n’est pas facile à blesser
  7. Elle se rend responsable de ses actes
  8. Elle comprend qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque personne ainsi que dans chaque situation. Ella a aussi compris que le vieux dicton « c’est tout ou rien » ne vaut pas grand-chose et qu’il faut chercher le juste milieu en tout
  9. Elle est patiente et comprend que l’univers ne dépend pas d’elle. Elle sait s’adapter aux personnes et aux événements
  10. Elle ne se laisse pas troubler par des choses incontrôlables
  11. Elle ne cherche pas à plaire et paraître d’une façon déraisonnable
  12. Elle se réjouit du succès de l’autre. Chez elle, il n’y a ni envie ni jalousie
  13. Elle sait que chacun a son opinion et y a droit. Elle écoute l’autre avec un esprit ouvert et, lorsqu’elle n’approuve pas, elle n’essaie pas d’imposer son idée
  14. Trouver et chercher les défauts de son semblable n’est pas son passe temps
  15. Elle a de l’ordre et n’attend pas la dernière minute pour tout faire
  16. Surtout, elle reconnaît que tout lui vient de Dieu et se remet entre ses mains comme un enfant. 

La cocotte

Dans la cocotte cabossée de votre vie passée, faites revenir l’amour que vous avez donné, celui que vous avez reçu et surtout celui pour aujourd’hui. Humez.

Ajoutez la disponibilité à l’instant en ôtant le ressassement du passé difficile. Mélangez à volonté la bonne compagnie avec vous-même, la joyeuse solitude, le jour qui vient et pas plus. Faites cuire en tenant compte de vos limites.

Mettez un brin de folie et créez le reste à fantaisie. Surveillez en ajoutant sans cesse toute joie, surtout celle d’exister sans raison.

Servez à toute heure et gardez une part pour l’invité surprise.

FD, 2009

La vérité

La vérité est comme une femme nue, elle attire les regards. Mais à vouloir la posséder toute entière, on fait bien des bêtises.

Pétomane mental

Il était une fois un homme qui avalait tout ce qu’on lui disait, les vérités comme les bêtises; ça lui encombrait l’intérieur, forcément, et alors, il pétait des pensées nauséabondes, ça sentait, c’était dégoûtant.

Euthanasie

A partir du moment où, dans certaines circonstances, le fait de donner la mort sera considéré comme un geste humanitaire, il évident que les barrières judiciaires qui auront été levées pour en restreindre la pratique seront détournées… Le fait de donner la mort doit rester un interdit absolu. Si quelqu’un est conduit en conscience à transgresser cet interdit, il saura qu’il commet une transgression qu’il aura à régler avec sa propre conscience, mais que, ce faisant, il ne s’accorde pas là une liberté qu’autoriserait la loi (Dr Abiven)

Le silence des sages

Quand quelqu’un qui a beaucoup à dire ne dit rien, son silence est assourdissant (glané je ne sais où)

L’amour et la haine

Si tu es qui tu hais, tu vas avoir un problème car tu es comme celui (ou celle) que tu détestes.

Et si tu hais qui tu es, tu ne t’aimes pas.

 

Contradictions tellement humaines…

Vous décidez de faire une retraite dans un monastère ; le cadre du monastère, l’architecture, le mode de vie, le silence, les offices orientent vos pensées et sentiments dans une certaine direction – c’est-à-dire font apparaître à la surface un personnage qui était latent vous décliné mais qui ne s’était peut-être pas manifesté jusque-là.

Vous allez pour la première fois dans ce monastère, et vous découvrez un aspect de vous que vous ne connaissiez pas. Vous vous connaissiez comme un séducteur assez porté au flirt, comme un ambitieux professionnel, comme un homme courageux mais assez coléreux. Et vous vous découvrez, dans ces circonstances nouvelles, des sentiments que vous n’aviez pas éprouvés, des pensées  qui ne vous étaient jamais venues à l’esprit, une vision nouvelle du monde. Bien que le monastère soit propice à la présence à soi-même, beaucoup plus propice que les conditions ordinaires de l’existence, il est possible qu’une fois de plus vous vous soyez identifié à ce personnage, que vous vous preniez vraiment pour ce personnage en oubliant tous les autres qui, momentanément, sont dans la coulisse.

Dans certains monastères, aucune femme ne pénètre ; pendant quinze jours, trois semaines, vous oubliez complètement la réalité du sexe féminin. Puis, vous quittez le monastère, vous prenez votre voiture ; vous avez soif, vous êtes un peu fatigué ; « Tiens, je vais m’arrêter et je vais prendre un thé ». Vous garez votre voiture, vous rentrez dans le café et il se trouve que la serveuse est assez jolie et légèrement vécue. Et voici qu’un tout autre personnage remplace le mystique avec lequel vous vous êtes confondu pendant quinze  jours ou trois semaines. Le mystique  a totalement disparu et c’est un autre visage avec des émotions, différentes, des pensées différentes, des attitudes physiques différentes, qui apparaît –  complètement différent ! Qui se préoccupe de savoir s’il est beau, s’il a de l’allure, s’il peut attirer et qui est très intéressé par le sex-appeal de cette femme. Et qui, s’il osait lui adresser la parole, s’il pouvait la séduire, serait prêt à passer la nuit avec elle –  quitte à donner un coup de téléphone en disant carrément à votre propre épouse « excuse-moi mais je reste une journée de plus au monastère ». Le mensonge qui eut parut impossible, impensable deux jours avant, devient naturel pour ce personnage-là.

(Arnaud Desjardins, Au-delà du moi)

L’ancien prisonnier est-il libre ?

Un prisonnier sort de sa prison et deux types l’attendent à la porte. Le premier, c’est son avocat et l’homme libéré demande « Qu’est-ce que je vais faire à présent ? » L’avocat répond : « Ce que vous voulez, à condition de ne pas violer la loi, sinon vous retournez en prison. »

Celui qui était prisonnier est un homme libre (libéré) et aussi libre (de ses choix) mais s’il veut éviter des ennuis, son choix doit tenir compte des conséquences de ses décisions.

Un autre type s’approche de l’homme. C’est un truand qui dit à l’homme : « On a un projet de casse, en es-tu ? »

L’homme qui vient d’être libéré est évidemment libre d’accepter ou de refuser. Supposons qu’il refuse et parte en auto sur une route de montagne pour se changer les idées. Là, il est ivre d’envie de vitesse et se demande s’il va conduire à toute allure au risque de se précipiter dans le ravin.

Il est libre d’appuyer ou non sur le champignon, c’est clair.

Mais s’il décide de respecter les limites de vitesse, il n’est pourtant pas « soumis » au code de la route. Il respecte seulement les contraintes qui lui signalent « danger ». Pour les autres choix de sa journée, il peut très bien s’arrêter sur le bas côté pour casser la croûte, faire une ballade ou autre chose qu’il veut, lui.

Alors, est-ce qu’on peut obéir tout en restant libre ? L’histoire tendrait à montrer que oui mais vous, qu’en pensez-vous ? 

Ne crée pas quelque chose de laid

  1. Ne crée pas quelque chose de laid, quelqu’un pourrait l’admirer
  2. N’ironise pas sur toi, quelqu’un pourrait te trouver risible
  3. Ne dis pas de mensonges, quelqu’un risquerait de te croire
  4. Ne séduis pas, quelqu’un risquerait de trop s’attacher à toi
  5. N’envoûte pas par ton charisme, quelqu’un risquerait d’être subjugués
  6. Ne règne pas par la terreur, quelques-uns aiment être esclaves
  7. N’érige pas ta morale en dogme, quelques-uns  pourraient y adhérer
  8. Ne tiens pas de propos abscons, quelques-uns  pourraient s’extasier
  9. Ne joue pas à saboter ta mission sur terre, tu risquerais de vraiment la saboter.

FD, d’après la devise d’Hermès (« ne crée pas quelque chose de laid… »)

L’oiseau et la ficelle (2011)

Vous êtes semblable à un oiseau attaché à un fil et ce fil, ce sont vos limites.

L’oiseau prend de nombreuses fois son envol et c’est très beau. Mais quand il arrive au bout de la longueur de la ficelle, celle-ci se tend et l’oiseau chute lourdement sur le sol. Alors, comme , il ne sent plus la ficelle tendue,  il se relève, reprend son envol et de nouveau Patatras ! Epuisant.

L’oiseau est en colère. Son ambition le pousse à reprendre son envol et les limites le font rechuter. Pauvre oiseau !

L’oiseau va t-il comprendre qu’on peut être magnifique en volant sans tendre la corde, en faisant attention de ne pas aller au bout de la ficelle?  Il faudrait que l’oiseau apprenne à voler de cette façon.

Car la ficelle n’est pas là pour rien. Dehors, il y a des chasseurs, les chats, les aigles. L’oiseau est tellement obnubilé par devenir lui même un aigle qu’il a oublié cela. La ficelle est donc très utile !

Il vaudrait mieux pour l’oiseau qu’il apprenne d’abord à voler prudemment dans son espace. Puis un jour, quand il sera prêt, quelqu’un coupera peut-être la corde. Si personne ne la coupe, cela n’empêchera pas l’oiseau de voler de belle façon dans son espace à lui.

De toute façon, pour l’instant, il n’a pas le choix. c’est prendre en compte la corde ou chuter une nouvelle fois.

Votre saveur

Vous que je croise, j’aimerais goûter votre saveur personnelle, ce qu’il y a en vous d’inimitable, de précieux. Ce qui fait que vous donnez du goût à ma propre vie et à la vie toute entière.

Quelle est votre saveur ? Cultivez-vous votre saveur ?