Les trois fileuses

ENFIN un conte qui se termine par un éloge de la paresse.

Car l’héroïne est paresseuse, mais  paresseuse ! Pourtant, avec l’aide des trois vieilles fileuses, elle parviendra à épouser le prince… et ne plus jamais rien faire.

Le bonheur !

Un conte de Grimm raconté par Sonia Koskas

L’épopée de Gilgamesh racontée à tous

L’épopée sumérienne de Gilgamesh a plus de 3500 ans.  Elle a été imparfaitement conservée sur des tablettes d’argile et il a fallu reconstituer certaines phrases, voire des passages entiers.

Le thème de cette épopée, c’est la condition humaine. Certes, le héros possède des traits extraordinaires. Gilgamesh se bat avec les géants, le taureau céleste.  il est le roi de la cité d’Ourouk.  Mais il lui arrive ce qui nous arrive à tous :  il perd la personne qu’il aime,  son ami Enkidou  avec lequel il accomplissait ses exploits.

Gilgamesh part alors en quête du secret de l’immortalité. La légende dit  en effet que, au-delà de la montagne et de la mer vit un homme qui a ce secret : Uta Napishtim.

L’histoire raconte le long et douloureux voyage de Gilgamesh pour acquérir ce secret. Il traverse le désert, rencontre les « scorpionides » qui veulent lui interdire l’entrée du défilé dans la montagne.  Il rencontre aussi une femme,  Sidouri la cabaretière  qui lui montre la vanité de son entreprise:

« Où vas-tu Gilgamesh? La vie que tu cherches, tu ne la trouveras pas. Quand les Dieux ont créé les hommes, c’est la mort qu’ils leur ont donné et ils ont gardé pour eux la vie éternelle. Mais toi Gilgamesh, sois dans la joie, mange, danse et joue. Fais chaque jour de ta vie un jour de joie et de plaisir. Amuse-toi avec les enfants et prend soin de l’épouse qui est dans tes bras. Voilà les seuls droits que possèdent les hommes. »

Gilgamesh  passe outre. Il traverse la mer  et rencontre Uta Napishtim qui lui raconte la façon dont il a obtenu le secret : il a sauvé l’humanité au moment du déluge.

Finalement, Gilgamesh obtient le secret :  c’est une plante qu’il faut chercher au fond de la mer.  Hélas,  pendant son voyage de retour, un serpent mange la plante et Gilgamesh,  de retour dans sa cité d’Ourouk,  accepte enfin sa condition humaine.

Lorsque ce texte a été découvert à la fin du XIXe siècle, on a constaté avec stupéfaction  la ressemblance du récit du déluge avec le texte que nous connaissons dans la Bible.  Ce dernier a visiblement été inspiré par la légende sumérienne.

Ecoutez le début de l’épopée (4 mn) sur le podcast

La relation avec le disparu

La relation avec un disparu ressemble à un oiseau qui chante quand la nuit est encore noire. On l’écoute mais on ne le voit pas.

Elle se passe dans le moment présent.

Elle ressemble à la respiration tranquille d’un couple aimant, un dimanche matin au réveil. Elle se contente d’exister.

On n’y attend pas quelque chose de spécial.

Dans la relation avec un disparu, on ne dit pas de lui (d’elle) « je crois qu’il est encore vivant » mais on lui parle : « Je sais que tu es vivant(e). J’ai confiance que notre amour perdure »

La confiance dans la personne disparu(e) ressemble à celle d’un jardinier qui parle à ses fleurs avec amour.

La relation avec un disparu ressemble à cet homme qui a perdu des papiers compromettants. C’est peut-être son journal intime, ou des comptes rendus confidentiels. L’homme cherche ses papiers pendant des semaines, il a peur. Et si quelqu’un de malveillant tombait dessus et s’en servait contre lui ? Mais un jour, il trouve dans sa boîte aux lettres une enveloppe avec ses papiers. Qui l’a mise là ? Il ne sait pas. Ce qu’il sait, c’est qu’une personne l’a aidé et protégé, sans qu’il puisse la voir. On pourrait aussi dire : quelqu’un l’a aimé.

Les rencontres avec un disparu se passent comme dans l’histoire d’un homme triste et esseulé qui rentre dans son logement triste et désert un soir d’hiver triste et gris. Mais quand il ouvre la porte, les pièces sont illuminées, la table est mise avec des chandelles et du champagne. « Coucou c’est moi », dit sa femme partie depuis longtemps. Elle est habillée chic et très sexy. C’est ainsi que surviennent les moments de présence du disparu : inattendus, profonds, joyeux.

Pour expérimenter la relation avec un disparu, placez sur la table une photo de lui que vous aimez beaucoup. Mettez cet amour au présent. Non pas : « qu’est-ce qu’il m’aimait ! » mais « qu’est-ce qu’il m’aime ! » Non pas « je l’aimais tellement ! » mais « je t’aime maintenant. »

Ou encore : revenez dans un lieu que vous avez aimé à deux. Bien sûr vous pouvez avoir de la nostalgie et du chagrin mais ressentez que votre amour est là, bien présent, et que la personne aimée apprécie ce paysage avec vous dans le moment présent.

La relation avec un disparu ressemble à cet homme parti marcher dans un lieu où lui et son amour avaient passé un très bon moment. « Sera t-elle présente aujourd’hui ? » se demande t-il. Car il aimerait tellement que la personne disparue soit là pour l’aider, le conseiller, le soutenir. Il marche dans ce lieu, c’est un jardin. Soudain, il se sent « poussé », obligé d’avancer. Il y a non seulement la personne disparue mais quantité de morts qui le poussent à avancer malgré ses hésitations, qui lui interdisent de revenir vers le passé, en arrière, de se replier sur lui-même. Il se dit que cela va cesser quand il sortira du jardin mais non, il est poussé jusqu’à son retour chez lui. Les morts qui sont vivants se sont coalisés pour l’aider.

François Delivré, hiver 2017

L’oiseau Raja

Un conte de François Delivré, pour adultes et pour enfants.

Pourquoi les oiseaux piaillent-ils à 4 h du matin au printemps ? – Autrefois, le jour durait autant que la nuit, tous les jours – L’oieau Raja – L’homme Jour – La femme Nuit – comment plaire à tout le monde – La grande dispute du jour et de la nuit – L’oiseau Raja se cache – La Victoire de la nuit – La détresse des vivants – L’oiseau Raja est choisi comme messager et médiateur – La négociation – les saisons – la clause additionnelle.

Les roumaines

Vieux conte français repris pour notre temps – Les deux mendiantes roumaines – Qui aura les yeux crevés pour faire pitié ? – Les quatre loubards – L’eau qui rend la vue – La récompense – Elle épouse le fils du roi de Roumanie – Retour en France et retrouvailles – le pain dur et les frites froides – De nouveau les loubards – une fin horrible !

L’exode

L’exode, un récit de François Publié (9 mn)

Un récit à la fois poétique et tragique :  l’exode de mai/juin 1940 – Les foules qui marchent – le soleil ) Les haltes – Les bombardements allemands – Les villes inconnues – Tout manque… Familles dispersées  – les jeunes filles fuient le viol allemand – Les ponts – Lâcheté et héroïsme – Un mois de juin superbe…

Le genévrier (Grimm)

Une naissance et une mort – Le genévrier – La belle et la petite mère Marlène – Le coffre à serrure tranchante – Le MEURTRE – « Mon père m’a tué ma mère m’a mangé » – bel oiseau sur la ville Quel! – La Meule du moulin – Punition finale et vie Paisible.

Peut-on raconter des histoires terribles aux enfants ?

Introduction aux contes « terribles »

L’étape initiatique du Genévrier – les prisonniers sont horrifiés  – Peut-on raconter des contes terribles aux enfants ?